La Plateforme Aides d’État débarque !

La Plateforme Aides d’État débarque !

La Direction générale des entreprises (DGE) crée la Plateforme Aides d’État afin de recenser l’ensemble des aides « de minimis » perçues par toute entreprise. Un nouvel allié des acheteurs dans le cadre de leur « chasse » aux offres anormalement basses ?

Le code de la commande publique impose aux acheteurs de détecter et de rejet les offres anormalement basses (OAB), c’est-à-dire dont l’équilibre économique est inexistant si bien que l’exécution du marché serait compromise si l’offre était retenue. D’après l’Article R2152-3 du même code :

  • L’acheteur exige que le soumissionnaire ayant présenté une offre « suspecte » justifie son prix
  • L’acheteur peut notamment prendre en considération « l’obtention éventuelle d’une aide d’Etat par le soumissionnaire ».

 

Constitue une aide d’État toute mesure qui remplit cumulativement quatre critères :

  1. Intervention imputable à l’État ou au moyen de ressources publiques

  2. Caractère sélectif de l’avantage économique accordé (favorise une ou plusieurs entreprises)
  3. Distorsion de concurrence

  4. Affectation des échanges entre États membres

 

Les règlements européens 2023/2831, 2023/2832, 717/2014, 1408/2013 fixent les plafonds en dessous desquels on peut parler d’aide « de minimis ». Une aide de minimis est une aide d’Etat réputée trop faible pour affecter la concurrence, et qui échappe en tant que telle à l’interdiction de principe et à l’obligation d’être notifiée à la Commission européenne. 

 

Le nœud du problème est qu’une aide publique y compris de minimis peut permettre à un opérateur de proposer un prix très bas, voire inférieur à ses coûts “normaux”, ce qui fera planer sur elle le spectre de la qualification d’OAB.

 

Et c’est là tout l’intérêt du décret n° 2025-1361 du 26 décembre 2025 ! Ce décret met en oeuvre les dispositions des règlements européens précités qui imposaient aux Etats-membres de déclarer toutes les aides de minimis en leur laissant le choix du registre : national ou européen. La France a opté pour la formule « fait maison » avec la nouvellement Plate-forme des aides d’Etat.

 

L’ensemble des données à l’exception du n° unique d’identification de l’aide seront ainsi mises à la disposition du public.

 

Concrètement cela signifie pour les acheteurs une nouvelle base de données fiable à laquelle confronter les allégations des entreprises interrogées, voire certains justificatifs « exotiques ». Sachant que les déclarations doivent être réalisées sur la plateforme dans les 20 jours de l’octroi de l’aide.

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