Conflit d’intérêts : l’AMO concurrent d’un candidat peut-il rester impartial ?

Conflit d’intérêts : l’AMO concurrent d’un candidat peut-il rester impartial ?

Un arrêt récent de la Cour de Cassation rappelle avec force que l’exigence d’impartialité en matière de commande publique ne concerne pas uniquement l’acheteur… mais aussi ses assistants à maîtrise d’ouvrage (AMO).

⚖️ La décision
 

La Cour de cassation casse le jugement sur le fondement des articles L. 3 et L. 2141-10 du Code de la commande publique.

Elle rappelle qu’il y a conflit d’intérêts lorsqu’une personne participant à la procédure ou susceptible d’en influencer l’issue détient un intérêt économique ou personnel de nature à compromettre son impartialité.

Or, le tribunal avait estimé qu’il n’y avait pas de problème au motif que :

  • l’AMO n’intervenait pas exactement sur le même segment que celui du marché en cause ;
  • l’acheteur devait recourir à un spécialiste du secteur ;
  • la concurrence existait uniquement sur d’autres activités.
 

Pour la Cour, ce raisonnement est insuffisant :

👉 Le simple fait qu’un AMO soit concurrent d’un candidat, même sur d’autres segments d’activité, peut constituer une situation susceptible d’altérer son impartialité.

Le juge devait vérifier concrètement l’absence de risque.

📌 Portée pratique
 

Cet arrêt invite les acheteurs publics à une vigilance accrue :

  • L’exigence d’impartialité s’étend aux AMO et autres intervenants externes.
  • Le conflit d’intérêts s’apprécie largement : un risque potentiel suffit.
  • Une analyse préalable des liens économiques et concurrentiels des assistants devient indispensable.
 

Attention toutefois : le contrat ayant été signé entre-temps, la cassation est prononcée sans renvoi, le recours précontractuel étant devenu sans objet.

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