Peut-on réviser le prix des marchés subséquents en l’absence de clause explicite ?

Peut-on réviser le prix des marchés subséquents en l’absence de clause explicite ?

⚖️ Nous vous le rappelions dans notre infographie, les marchés subséquents remettent en concurrence et viennent préciser les caractéristiques non prévues dans l’accord-cadre initial.


Dans notre cas d’espèce il s’agit de savoir si la variation de prix des marchés subséquents peut être implicite.


La société requérante soutient que l’accord-cadre prévoyait un prix variable dans l’ensemble des composantes du prix, y compris le poste  » différentiel de prix « , qui sert à remettre en concurrence.


Or en application de l’article 17.1 du CCAG FPS (Fournitures, Produits, Services) de l’acheteur[1], auquel renvoie l’accord-cadre, « sauf stipulation contraire du marché, les prix sont fermes et non actualisables ».


🚫Aucune clause spécifique ne prévoyait une révision du différentiel de prix
🚫Aucune formule de révision n’était définie dans les documents particuliers


🏛️ La Cour Administrative d’Appel nous livre une réponse sans équivoque : il s’agit d’un prix ferme, non révisable, en l’absence de stipulation contractuelle claire et explicite.

 

🔎 Apports jurisprudentiels :

 

1️⃣ Primauté des stipulations contractuelles

 

  • La révision d’un prix ne se présume pas.
  • Aucune révision implicite n’est admise : une clause expresse avec les modalités et la formule est indispensable.

 

2️⃣ Distinction entre prix variable et prix révisable

 

✔️ La remise en concurrence permet bien aux candidats de proposer un nouveau prix
❌ Mais ce prix :

  • Est nouveau,
  • Reste ferme pendant toute l’exécution du marché subséquent. 


➡️ Variabilité à l’entrée ne signifie pas révision en cours d’exécution

 

🧠 Portée pratique :

 

  • Acheteurs publics :
    👉 Si vous souhaitez une révision, prévoyez-le expressément, autant la clause que la formule.
  • Opérateurs économiques :
    👉 Aucune revalorisation a posteriori ne sera admise sans base contractuelle claire, même en cas d’évolution défavorable du contexte.
  • Sécurité juridique :
    👉 L’arrêt consolide une jurisprudence rigoureuse sur la non-présomption des clauses de révision.

Cour administrative d’appel de Paris, 6ème Chambre, 13 février 2026, 23PA04843

[1] A ne pas confondre avec le CCAG FCS

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